vétonat

8 octobre : maltraitance

               Aujourd'hui on parle de maltraitance animale, qui peut prendre des formes inattendues et insoupsonnées, même chez des gens qui se vantent d'offrir un belle vie à leur fidèle compagnon. 

 

              Mr et Mme Y. m'ont amené leur chienne Manon pour le rappel vaccinal. Je regarde la fiche avant d'aller ouvrir la porte de la salle d'attente, je n'ai pas vu Manon depuis l'année dernière pour le même rappel vaccinal, et j'avais déjà noté plein de trucs. Elle faisait déjà 11,3 Kg, pour un Lhassa Apso, c'est quand même un score! En plus elle avait un souffle cardiaque assez énorme et du tartre plein les dents qui lui donnait une haleine d'outre tombe et les dents déjà bien déchaussées. J'avais expliqué, prevenu et entrepris de prescrire un traitement et avait bien parlé de régime alimentaire. Mais puisque je n'ai revu personne, même pas pour venir renouveller la prescrition des dits médicaments, j'en déduis que le traitement a été arrêté. J'avais bien noté sur la fiche que la chienne était difficile et les gens plutot proches de leurs sous, alors j'ai bien une petite idée de ce qui s'est passé.

 

              Bon, j'ouvre la porte de la salle d'attente, Manon fait maintenant 12 Kg. Elle se déplace difficilement et ses maitres sont obligés de la porter pour entrer dans la salle de consultation. J'entreprends l'examen clinique, comme je m'en doutais c'est la cata. Manon est une petite chienne agressive car trop gatée et on est obligé de la museler pour la regarder. Au bout de 5 minutes de muselière, je commence à m'inquiéter à voir un tirage costal (une respiration difficile). Je libère vite la gueule de la chienne dont la langue a tourné au bleu prononcé. Seule chose à faire, attendre et la laisser retrouver un peu d'oxygène. J'en profite pour parler avec les propriétaires et fait le tour du problème. "Ha ba, non, on n'a pas continué le traitement, c'est trop dur de lui donner les comprimés" ... Bon, et ils n'auraient pas pu m'appeler pour parler du problème? Et puis "Ho, son régime, non, on a bien essayé mais elle réclame, elle ne mange que ce qu'elle veut, alors on la laisse faire". Bon, je fais une petite pause, je ne veut pas insister trop lourdement tout de suite, je finis de regarder la chienne en faisant attention à mes doigts et fait l'inventaire des problèmes.

 

                  Voilà, l'examen clinique est terminée, je m'installe autour du bureau avec Mr et Mme Y. pour parler sérieusement. Je leur explique que c'est grave, que quand la langue de Ninon devient bleue, c'est qu'elle n'a plus assez d'oxygène dans le sang, et que dans pareil cas, nous, on nous met sous assistance respiratoire. Là ils sont bien d'accord avec moi. Je leur explique qu'ils ont un choix à faire. Soit ils veulent garder leur chienne plus longtemps et à ce moment là, il faudrait faire peut être des examens complémentaires, faire un régime alimentaire et surement donner des médicaments, soit ils acceptent que Manon va bientôt mourir, ils assument qu'ils ne veulent pas la soigner, et alors, on fera juste quelque chose pour améliorer son confort de vie. Ils choisissent la deuxième solution, c'est beaucoup moins fatigant pour eux...  

 

           Bon, Ok, alors je me décarcasse pour trouver un traitement palliatif en solution buvable. Je m'apprete à rédiger l'ordonnance mais sens venir le coup. Ils vont trouver ça trop cher, et moi je suis en train de me fatiguer pour rien, ça va faire un clash au moment de la facture. Alors je tate le terrain "il faut que vous soyez conscients du prix des médicaments. Puisque vous refusez de donner des comprimés, même petits, ça va couter tant, et allez, je peux vous faire un prix parce qu'on approche la date de péremption..." Bien vu, ils ouvrent de grands yeux et là tout de suite c'est "Ha ba, non, là c'est pas possible, on va rester comme ça." Ont-ils des problémes d'argent ? Non, je ne pense pas, ils vivent bien tranquilement leur petite vie bourgeoise de retraités pas loin d'ici. Non, le problème c'est que ce n'est qu'un chien, alors on va pas dépenser des sous pour lui. Sauf que Ninon les accompagne partout, dort dans leur lit, mange avec eux, partage tout, mais ce n'est qu'un chien... Et eux, qu'est ce qu'ils font? Ils l'engraissent, tel une oie ou un cochon et ils vont la regarder mourir étouffer sans se poser de questions.

 

             Je prends encore du temps pour leur expliquer ce que va être le fin de vie de Ninon, ce à quoi il faut s'attendre et que peut être ce serait sympa de leur part elle de ne pas la laisser mourir de cette façon et d'abréger ses souffrances le moment venu. Ca fait bien 3/4 d'heure qu'a commencé la consultation, j'encaisse le prix du vaccin qui ne servira surement pas à grand chose mais au moins,je n'ai pas bossé tout à fait pour rien. Moi j'enrage et suis assez frustrée, eux ils ont l'air content et me disent "de toute façon, quand on aura perdu celle-ci on reprendre un chien et viendra chez vous docteur..." Pauvre chien...

 

à propos d'obésité canine...

 

 

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10/10/2008
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