vétonat

27 mai: on a beau faire, ça ne finit pas toujours bien

                 L'autre jour je suis venue aider Julie sur un cas un peu difficile qui nous a fait finir un peu tard. En effet celle-ci a reçut Mme S. (une autre) en consultation avec une petite minette que j'ai stérilisé il n'y a pas si longtemps. Celle-ci avait disparut depuis quelques jours et a été retrouvé par la voisine a demi inconsciente. Cette même voisine avait remarqué que quelque chose n'allait pas parce que les chiens restaient groupés autour de quelque chose qui semblait les intéresser. Quand elle s'est approchée, elle a trouvé la minette que les chiens étaient soigneusement occupés à lécher depuis de longues minutes. C'est donc en grave hypothermie (34°C) qu'elle arrive en consultation, complètement trempée de bave de chien.

 

                L'état de la pauvrette est désespérant car en plus de son hypothermie, la couleur de ses muqueuses fait très peur. On appelle ça couleur porcelaine, tellement blanches que l'on se demande comment elle peut être encore en vie. Elle est tellement mal en point qu'il est absolument impossible de lui prendre la moindre goutte de sang. Julie entreprend donc de la réchauffer. Au bout de quelques heures, un peu de sang est revenu dans les veines et il devient possible de lui en prendre un peu à la veine jugulaire, mais pas encore de pouvoir poser une voie veineuse. Le sang recueilli permettra de confirmer une très grave anémie et un défaut de coagulation. Quand j'arrive en fin d'après midi, le sang, qui n'est même plus rouge mais plutôt rosé, n'a toujours pas coagulé dans le tube. Le diagnostique est alors facile à poser: la minette a mangé de la mort au rat et s'est empoisonnée. Elle a perdu toute capacité de coagulation et est en train de mourir d'hémorragie.

 

              Un peu remontée par les soins intensifs, il devient possible de poser une voie veineuse et d' administrer l'antidote: de la vitamine K1 à haute dose. On appelle Mme S.: maintenant qu'on a un catheter en place, on peut envisager de réaliser une transfusion. C'est ce que j'aime dans ces urgences. C'est un des seuls cas où en se démenant un peu, quelque fois on arrive à ramener à la vie des animaux dont le prostic vital était au départ des plus désespérés. C'est donc avec une certaine impatience que nous attendons Mme S. avec un gros matou qui pèse facile 6 Kg sans être obèse. Il sera un parfais donneur. On ne sait pas trop la compatibilité des sangs pour la transfusion, mais si on ne fait rien très vite, la minette ne passera à coup sur pas la nuit.

 

               Mme S. arrive et on anesthésie le gros matou pour pouvoir aller lui prélever du sang. Le pauvre, il ne sait pas trop ce qu'il lui arrive, il n'était jamais sortit de sa campagne... Il s'endort doucement pendant que Mme S. va caliner la minette avec sa fille. Je prélève du sang et arrive avec le sang frai pour faire la tranfusion. Horreur, la minette est en train de mourir sous nos yeux ! Un miaulement plaintif très caractéristique, les muscles qui se tendent... Vite, vite, il y a encore un coeur, Julie et moi entreprenont des soins de réanimation. On ira même jusqu'à réaliser la transfusion dans l'urgence (perdu pour perdu, on aura tenté). Mais non, la minette a déjà les yeux tout à fait inertes et les quelques mouvements respiratoires spontanés ne sont qu'agoniques. Julie et moi sommes très déçues, Mme S. et sa fille vraiment tristes, personne ne parle. La minette en revoyant sa maîtresse aura succombé à trop d'émotions...

 

 

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27/05/2008
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